06 mai 2011

Solitude de l'auteur lambda...

Pas de sortie de livre ces jours-ci... Pourtant je passe le weekend prochain à... Roubaix !

Bon, évidemment c'est un peu inepte d'aller passer trois jours dans un festival à dédicacer des albums qui n'ont pas de suite ou des bouquins vendus il y a des lustres qui ne rapporteront rien. Sans nouveauté, ce genre de déplacement devient assez inutile et vain, limite perte de temps, d'autant qu'après lecture de la liste des auteurs invités, je n'ai pas non plus de "vieux pote pas vu depuis des lustres à retrouver", juste une suite de noms d'inconnus, dont je ne sais pas encore s'ils gagnent ou pas à l'être. Connus.

Et en fait, je n'en connais pas un seul...

J'ai déjà vécu ce sentiment d'ennui et de "mais qu'est-ce que je fais là ?" qui parfois submerge l'auteur solitaire quand il prend soudainement conscience qu'il serait mieux à la maison qu'assis sur une chaise en plastique dans un gymnase où on se les gèle face à des inconnus qui se pressent (ou pire, personne dans la file d'attente...) pour obtenir un dessin jeté en quelques minutes en pensant que pendant le temps que vous dessinez pour eux ils peuvent tout se permettre, avant que vous ne partiez bouffer des chips et du jambon sorti de l'emballage de la supérette voisine. Le pire étant ceux qui viennent d'acheter d'occasion un de vos bouquins dans le stand d'à-côté, chez le bouquiniste qui lui dépote, et qui pensent que ça vous comble de signer un truc sur lequel vous ne touchez évidemment pas un centime...

Je caricature à peine, ça arrive...

Heureusement, c'est rare et rien ne dit que je ne revienne pas de Roubaix où je serai dans une semaine, enchanté de mon déplacement.

Pour autant à part par plaisir, il n'y a rien à attendre d'un festival, professionnellement parlant. Les décisions ne se prennent pas là. Tout au plus peut-on poser les jalons d'une future collaboration avec un auteur qu'on croiserait et avec qui on sympathiserait suffisamment pour se lancer dans un projet commun, ensuite. Mais les temps sont durs et les solutions ailleurs, la plupart du temps.

J'ai rencontré Chrys Millien à Grenoble, au cours de la semaine anniversaire Glénat en 99. C'est le cas le plus probant puisqu'aujourd'hui encore, on travaille ensemble. J'ai aussi plus récemment dédicacé à côté de Serge le Tendre, ce qui lui a fait penser à moi quelques mois plus tard pour participer à "Paroles d'étoiles" et dessiner 5 planches écrites par ses soins en 2008.

Samedi 14 et Dimanche 15 Mai
Salle Watremez
Samedi 14 de 10h à 19h - Dimanche 15 de 10h à 18h.

6 commentaires:

  1. Isab'L6/5/11 19:47

    Bouhhh, qu'est-ce qu'il vous arrive, Mr Arnoux, un grand gaillard comme vous ?! 1m82, tout de même!
    Si nos week-ends n'étaient pas surbookés jusqu'à fin août, on aurait presqu'envie de venir vous serrer la pince (sans vous demander une dédicace, étant donné la façon dont vous en parlez) malgré la distance, avec un post pareil !

    Tout comme vous, je connais ce sentiment de solitude et d'isolement...comme chante Voulzy.
    Chips & jambon (quoique, à cette saison, les melons sont délicieux, emportez donc une cuillère et un couteau, roulez une tranche de jambon de Parme comme une crêpe, et puis achetez une barquette de fraises et quelques tomates cerises), ça peut être très sympa, tout dépend avec qui on les partage. En revanche, j'ai souvenir d'un déjeuner à la Tour d'Argent, dans mes années pigistes, qui fût un moment de profonde solitude... Et je vous épargnerai tous les temps morts d'évênements que j'ai pu couvrir ! Mais bon, de l'eau a coulé sous les ponts...

    Par ailleurs, quand vous écrivez "signer un truc sur lequel vous ne touchez évidemment pas un centime", j'espère que vous ne le pensez pas complètement, hein?! Ok, il faut bien vivre, je le conçois tout à fait. Mais la fièreté d'être lu ? J'imaginais qu'un auteur pouvait se réjouir que l'on dévore ses bouquins dans les bibliothèques par exemple... Je me rappelle vous avoir dire que j'avais dû commander d'occaz je ne sais plus quel tome de je ne sais plus laquelle de vos séries parce qu'il était introuvable neuf. ça vous a fait faire la soupe à la grimace, alors ?!

    Allez, oui, si ça s'trouve, et on vous le souhaite sincèrement, vous reviendrez ravi de votre week-end à Roubaix.

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  2. Isab'L6/5/11 19:49

    Hummm, fierté...

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  3. La "fierté d'être lu"... Qu'est ce que c'est que cet argument vu de votre fenêtre ?

    Je fais de la BD depuis 30 ans, je n'en suis plus là... Je sais qu'on me lit, depuis le temps. Je place ma fierté ailleurs. Et mes plaisirs aussi.

    Si vous lisez tout au premier degré, c'est votre problème, je ne suis pas ici pour me justifier en permanence de ce que je pense de MON métier. Je viens parler ici de ce que je ressens, de ce que je vis. Qu'après ça ne vous semble pas dans la norme ou différent de ce que vous pensez ou que ça ne vous plaise pas pour x raisons m'est totalement indifférent.

    C'est juste un carnet de bord avec des états d'âmes de quelqu'un qui sait de quoi il cause, un peu. Des signatures et des déplacements, j'en fais depuis 85, avec parfois énormément de bonheur, et des aventures passionnantes, des voyages géniaux, des compères plaisants, de belles rencontres, des fous-rires, mais aussi des bides, des tensions et des moments d'ennui sans nom avec de gros cons.

    Notez le masculin, mais ce n'est pas exclusif.

    C'est juste comme ça, je ne m'en plains pas, si je joue, c'est la règle du jeu que je constate. Faites de même..

    Évidemment que je le pense complètement. Si je fais des signatures en festival ou librairie, ce n'est certainement pas pour une gloriole imaginaire dont je me contrefiche totalement mais avant tout pour faire de la promo de mes livres (eh oui, c'est du commerce et mon métier) et retrouver des potes. Des lecteurs sympas, aussi, s'il y en a qui passent et dans l'ensemble, en choisissant les endroits où on va avec quelques critères qualitatifs, on arrive à s'amuser un peu.

    Sinon, autant rester à la maison.

    Après avoir été loin de chez soi pendant trois jours, la fatigue du voyage, ke stress etc, donc improductif, pas avancé d'un pouce sur l'en-cours qui pourtant est essentiel, tout ça pour signer une soixantaine de bouquins qui pour la plupart ne rapporteront rien puisque les auteurs sont payés en avance sur droits et qu'avant de voir la couleur de leurs DA il faut en vendre des tripotées.

    La beauté du geste, franchement...

    Au fond, les dessinateurs qui restent chez eux tranquillement sont aussi bien qu'en allant sur les routes. Question de tempo pour chacun. Je ne suis pas dans l'envie de me déplacer particulièrement, parce qu'en pleine créa et dans les projets donc pas l'esprit serein.

    On devrait vous rappeler la répartition sur les livres, avec 30% qui vont au libraire ravi de vous recevoir, lui évidemment, 50% au diffuseur, 12 à l'éditeur et le reste, quelques centimes sur un bouquin que vous payez une fortune, pour l'auteur...

    Quand on sait ça, on arrête de persifler et on se souvient que soi-même; on fait peu de choses gratuitement...

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  4. Isab'L6/5/11 20:52

    "soi-meme on fait peu de choses gratuitement", ouais, bof, salariée decl'AP-HP, j'ai pas le sentiment d'avoir choisi la voie la + lucrative...

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  5. Comment ça tu n'en "connais pas un seul" ??
    Je te rappelle que j'y serai moi !!
    A demain ?!

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  6. Oui, sorry, je ne t'avais pas compté dans la liste...

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