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02 décembre 2014

Trois jours à Ajaccio...


Ajaccio - 28, 29, 30 novembre... et 1er décembre 2014 !


Le plus compliqué pour rédiger le compte-rendu de voyage d’un endroit où on va pour… la quatrième fois, c’est de se renouveler.

Car on est en terrain connu: même voyage, même hôtel, même lieu de dédicaces, mêmes Auteurs (enfin un noyau dur d’habitués qui font du "corse") et parfois, même public…

Alors soyons clairs, un Salon BD qui se passe à Ajaccio, c'est séduisant pour les auteurs invités, même si on s’habitue à tout.

Sauf que je pourrais quasiment reprendre mes comptes-rendus sur la Corse de 2011 ou 2012 et en faire un copié collé pour la plupart des rubriques habituellement traitées: accueil, voyage, etc…

Pas de surprise(s).

Bon, cette année quand même, quelques péripéties intéressantes à raconter…

La voiture laissée au P0 d’Orly (réservé par internet pour payer moins que d’ordinaire, c’est un forfait WE de 49 €, qui seront remboursés par le festival dans les jours à venir), je file m’enregistrer avec les bornes automatiques avant d’aller, comme d'ordinaire, sonner sous les portiques détecteurs et me faire fouiller au corps par l’aimable personnel palpeur de l’aéroport…

Je ne vois pas de collègues Auteurs dans la salle d’embarquement, j’aperçois bien l’ami Franck Bonnet dans l’Airbus d’Air Corsica, mais le gars est en pleine conversation avec sa voisine plusieurs rangées devant moi (je dénonce pas, j'explique...), je le retrouverai à l’atterrissage…

Décollage à l’heure, on arrive à Ajaccio vers 11 heures du matin, une navette vient cueillir les Auteurs invités qui débarquent…



Il fait 23° !

Comme à chaque fois, on récupère nos chambres et on dépose les bagages à l‘hôtel Fesch, banal; mais qui offre l’énorme avantage d’être central et à deux minutes du Palais des Congrès, des restaurants et de la Mairie…


Tiens, d’ailleurs, pas de Maire à Ajaccio en cette fin d’année, les électeurs revotent en janvier et il y a vacance du pouvoir ces temps-ci, comme on dit. Du coup, l’habituelle cérémonie de la remise des Prix se fera donc dans un cadre moins solennel, Fred nous a prévenus…


Et je sais déjà qu’en tant que lauréat récent, je n’en aurai pas cette fois-ci, le salon ayant pour habitude d’honorer les nouveaux venus, une attention plaisante et très logique…






C'est d'ailleurs ce qui se passera, le vendredi soir, dans une salle du Palais des Congrès, autour d'un petit buffet...

Repas dans un nouveau resto, le “cheval blanc“, notre cantine durant les trois jours.

Ici, à Ajaccio, on mange corse, c’est la coutume.

Nos hôtes qui ne plaisantent pas avec la nourriture ni avec les plaisirs de la table nous font chaque année manger local... et copieux, rien à dire !

Mention spéciale au repas du samedi soir au 20123, dont je connais par avance le menu imposé, qu’il faut aborder avec précaution(s) sous peine de prendre plusieurs kilos d’un coup, sans obérer les soucis potentiels de digestion, si on n'y prend pas garde. Je vous aurai prévenus !

Au point où j’en suis, je fais gaffe.

Bon, on va faire court: côté copains du métier, c'est parfait, on y retrouve de (vieux) camarades avec qui c'est toujours un bonheur de passer du temps à rigoler, manger, boire et refaire le monde. Rien à dire, ce fut très chouette de ce point de vue-là. Sans compter nos hôtes, devenus des amis au fil des ans...

J'observe les stands, quelques amis viennent avec leur production, comme l'inévitable François Plisson, ainsi que Fabien Rypert, l'auteur des Pochitos déjà croisé dans le Nord où il réside en écumant la région chaque semaine dans les salons pour vendre ses titres. Un autre aspect du métier auquel je me refuse encore, bien que ce soit parfois tentant quand on voit les marges...

De bons moments avec les guitaristes Philippe Luguy et Al Coutelis, jamais le dernier pour dire ce qu'il pense avec force et sans langue de bois du Japon, j'adore ce gars ! Les deux font un boeuf avec le patron du Cheval blanc le vendredi soir qui valait son pesant de fou-rires... Comme à chaque fois que je suis venu, Eric Puech est là, d'ailleurs c'est un festival d'Eric, cette année: Ivars, Hubsch, Ruckstuhl, Liberge...



Du coup, à chaque fois que j'entends mon prénom, je me retourne, mais c'est pas moi qu'on appelle !

Je croise aussi deux chouettes gars, Marko le Bayonnais et (Marco) Venanzi le Liégeois avec qui les discussions seront chaleureuses et instructives. Sans oublier la bande de furieux qui passeront avec moi la soirée de dimanche mais j'y reviens plus bas.


Côté public, si tu ne fais pas d'albums "corsitudés" (qui eux fonctionnent du feu de Dieu comme chaque année), c'est par contre très mitigé mais c'est le cas un peu partout, la crise se ressent de plus en plus, nos albums se vendent moins et sans "particularisme régional" comme ici (mais aussi dans beaucoup d'autres salons), désormais il faut s'attendre aussi à une baisse des dédicaces, logique ! J'ai fait une trentaines de signatures en trois jours de temps. Ce que je faisais avant en moyenne mais par jour...


Point positif par rapport au dernier festival que j'ai fait le mois dernier à Bayonne, ici ils ont été prévenus et ils en ont commandé en bonne quantité ! (trop, du coup !)


Ici, on commence çà signer le vendredi 14 heures, le samedi et le dimanche... Le samedi, par exemple; je suis resté sans signer un seul album le matin et la majeure partie de l'après-midi, bras croisés, ou à causer avec mes voisins de table. Et entre 17 heures et 18 heures, par contre, dix livres, arrivés d'un coup comme par enchantement en fin de journée sans que les gens ne se donnent le mot...


Bonne affluence générale selon l'organisation, mais (pour moi) peu de ventes, donc. Qu'importe, on sait que la plupart des auteurs ne touchant plus rien sur les ventes, il faut trouver son plaisir de venir sur un salon ailleurs, dans les moments entre copains, les rencontres, la bonne chair euh, chère, par exemple.

Sur ce plan, Ajaccio n'est JAMAIS décevant !

Quelques retrouvailles sympathiques avec visiteurs et lecteurs des éditions précédentes et mention spéciale à la jolie Anaïs: l'ex-gendarmette passe dans l'allée avec un landau et son bébé d'un an et s'arrête devant moi en me demandant tout à trac "si je me souviens d'elle"... Tête des copains autour et des quelques lecteurs dans la file qui immédiatement s'imaginent des trucs... Qu'on se le dise, je ne suis pas le père du petit... (Salut Ludo...)

Comme la plupart des invités, je fais une interview radio, c'est toujours un exercice plaisant.


Et puis on s'en va. Moi qui déteste partir le dimanche soir en fin de festival et privilégie les repas entre nous, avec ceux qui restent et en petit comité avant de repartir le lundi matin, je ne sais pas encore que je vais être exaucé...

Navette vers 18 heures dimanche soir, on quitte ce 12ème Salon d'Ajaccio en disant au revoir en hâte à tout le monde et en se promettant de revenir vite...

Puis on file à l'aéroport. D'avance, je suis pas emballé par le fait de devoir prendre deux vols, un vers Nice, et un second une heure et demie plus tard, vers Orly.

Seulement une fois arrivés pour l'embarquement, on apprend que notre vol est d'abord retardé, avec la perspective de rater la correspondance et de dormir à Nice... Avant au final de se rendre compte que notre appareil bloqué à Figari n'arrivera de toute façon jamais... L'alerte météo sur la Corse cloue les avions au sol ce soir et on est un petit groupe d'auteurs pris en charge. Laetitia d'Air France est efficace, la compagnie nous paye l'hôtel, on est enregistrés sur les vols du lendemain.

Grosse galère pour les gens de Bordeaux, ils ne pourront pas prendre le vol du matin qui est complet et devront attendre l'après midi, avec une arrivée chez eux... vers 19 heures le lundi, au lieu du dimanche soir prévu.

Mais pour nous les "parisiens", un vol vers la Capitale le lundi matin, cette fois direct, et on sera à Orly en milieu de matinée...




Résultat des courses, on reste à Ajaccio, une nuit de plus... Et on se retrouve au Courte Paille d'Ajaccio, à côté du Best Western Amirauté à l'entrée de la ville...


Le lendemain, petit déjeuner à 5 heures et demie, navette, enregistrement, retour sans histoires. C'était un chouette festival, une fois de plus.

Le dernier de 2014.

Prochaine étape, Nîmes, chez Sylvie Moretto, avec mon ami Kraehn qui sortira son premier tome de "Futura" chez Paquet en même temps que moi, le second "Sara Lone"... Pas impossible que Jim ne soit de la fête aussi pour signer son making of d'une "nuit à Rome"...

14 mai 2014

Cinq albums en lice pour un prix !

SL1 est en concurrence avec quatre autres titres à Nîmes, pour le prix du meilleur scénario. Je crois que ce sera pour Jim, qui a le vent en poupe en ce moment...

Mais l'important, c'est de participer, non ?

Clair que le simple fait d'être dans la liste est déjà un honneur. Le reste ne m’appartient pas, les albums ont été remis au jury aujourd'hui !

05 avril 2014

Pas de prix à Versailles...

"Melvile", Romain Renard (Lombard)
"Les carnets de Cerise", Aurélie Neyret (Soleil)
"Terra Australis", Philippe Nicloux (Glénat)
"Blue note", M. Bourgouin (Dargaud)
"Ma révérence", Rodguen (Delcourt) "Benigno,
"Mémoires d’un guérillero du Che", S. Géliot (Boîte à bulle)
"Kililana Song", B. Flao (Futuropolis)
"Le silence de Lounes", Baru (Casterman)

 et... "Sara Lone", D. Morancho (Sandawe) étaient les albums sélectionnés pour le prix 9ème Art de la Ville de Versailles décerné hier soir.

Perdu, les prix du scénario et du dessin vont à deux auteurs que je ne connais pas, un de chez Glénat et l'autre du Lombard. Ce sera pour une autre fois.  

"Remise des prix Espoir du 9ème Art 

Romain Renard, auteur de Malvile aux éditions du Lombard a reçu, le 5 avril, le prix Espoir du 9ème art de Versailles du meilleur scénariste. 

Philippe Nicloux, auteur de Terra Australis aux éditions Glénat a reçu le prix Espoir du 9ème art de Versailles du meilleur dessinateur. 

Le prix était remis par le maire de Versailles, François de Mazières et par le président du jury, le dessinateur Kas. Le jury avait également comme membres le dessinateur Philippe Francq, le dessinateur et scénariste Patrice Pellerin, le dessinateur Marc Védrines, le scénariste Rémy Le Gall et les journalistes Christophe Levent du Parisien, aujourd’hui en France et François Vignolle d’M6. Chaque auteur a reçu une dotation de 2000 euros du partenaire du prix Gibert Joseph Versailles. 

Ce prix organisé, pour la 3ème année consécutive, pour soutenir les nouveaux talents du 9ème art était présenté dans le cadre de L’Expo BD 2014 qui met en scène les 20 ans de la collection Signé des éditions du Lombard à l’hôtel de Ville de Versailles."

19 janvier 2014

Angoulême ? euh, non...

L'ordre règne au pays des petits Miquets ? Voire...

Fin janvier et à nouveau Angoulême. Comme chaque année depuis que je fais de la BD, (j'ai publié mes premières pages en 77, je suis allé pour la première fois à Angoulême en 1982, avec l'ami Brice, pour voir...) l'inévitable cortège de questions des copains et des proches.

"T'y vas ou t'y vas pas ?" 

J'y vais pas.

"Ah bon ?"

Regards navrés remplis de commisération quand je réponds par la négative, d'amis et de membres de la famille qui grimacent, me pensant tricard à vie ou carrément en dehors du métier pour ne pas être invité à ce qu'ils considèrent tous comme LE "festival de Cannes de la Bande dessinée".

Ils n'ont pas tort. C'est vrai qu'il faudrait y être. À condition d'avoir quelque chose à y défendre et de savoir pourquoi on y va. Et de s'asseoir sur quelques principes. J'étais invité par Jungle en 2012 et j'avais décliné. Faut dire qu'ils venaient de me dire que la série entamée stoppait, mais sans vergogne, trouvaient normal que j'accepte d'aller signer un titre mort-né durant quatre jours, pour eux...

Il y a certes d'autres formidables festivals dans ce pays, mais aucun avec cette renommée et le battage médiatique qui en fait partie, une fois dans l'année. Ne pas y être est dommageable quand on a un bouquin qui vient de sortir parce que la presse y est en nombre et que ça peut être l'occasion de se montrer, d'avoir quelques articles, pour peu qu'on soit assez introduit "au bon moment au bon endroit", si je puis dire. Avec des attachées de presse qui font le job, ça peut être une occasion de pousser le titre le plus récent, qui en a bien besoin...

Bon, l'an passé en janvier 2013, on me réinvite. On me propose d'y aller en coup de vent le samedi pour parler de crowdfunding. Payé, correctement. J'ai décliné la généreuse proposition, c'était un peu compliqué de descendre comme ça et le voyage bien long pour une seule heure d'intervention le samedi midi, avant de rentrer at home sans aller faire coucou à quelques copains.

Et puis je ne peux pas me répandre sur un festival sclérosé comme celui-là ici sur mon blog et y aller ensuite la fleur au fusil comme si de rien n'était.

Oui, je suis toujours aussi ulcéré de voir les tarifs prohibitifs que doivent payer les visiteurs pour avoir le droit d'entrer dans les bulles acheter des livres... Les subventions et cette manne financière qui file dans la poche de gens vivants sur le dos de la BD sans que les auteurs qui sont la source même de ces revenus et la raison d'être du festival ne soient eux aussi rétribués d'une façon ou d'une autre. Pour qui viennent les visiteurs ?

Sans eux, le spectacle n’existerait pas...

Mais personne ne le dit jamais vraiment, on est des gens indépendants, chacun dans son coin défend son pré carré et l'union ne fait pas la force dans ce métier en l'occurrence... Le système est bien rôdé, tout le monde y va à reculons en râlant et en récriminant. Mais ils y vont.

Je sais. On m'objectera que les auteurs ont les retombées des ventes, de la publicité que leur fait le Festival, qu'ils sont de toute façon bénéficiaires. C'est une vraie rigolade. Outre les rumeurs persistantes sur le fait que les albums vendus sur place par les éditeurs ne seraient pas comptabilisés en droits d'auteurs (vrai ou faux, la rumeur a bon dos), il faut avoir conscience que l'ensemble des auteurs - à part quelques Grands - sont désormais tous payés en avance sur droits sur leurs albums et qu'au vu de la chute des ventes, très peu peuvent "rembourser " cette avance pour se remettre à niveau.

Et toucher des droits, donc.

Ce qui revient à dédicacer gracieusement durant trois jours sans toucher un centime.

Oh, on fait des ventes, les albums partent. Une année quand Glénat faisait le relevé des albums partis sur la durée du festival, j'en avais signé 340 ! Mais faudrait en faire des milliers pour que ce soit à terme rentable... Invités, certes, mais du coup sans pouvoir travailler sur l'en-cours, la fatigue, sans défraiement, d'ailleurs la plupart des éditeurs présentent la venue sur le Salon comme un privilège fait à leurs auteurs... Tu penses...

Cette année j'aurais évidemment eu à cœur de mettre en avant Sara Lone et de cultiver les excellentes critiques parues depuis deux mois et demi sur ce titre, issu de Sandawe grâce aux "édinautes", petite maison d'édition belge qui n'aura même pas de stand et sera contrainte de partager une demi-table dans un coin reculé des bulles angoumoisines... Pas envie de camper, j'ai passé l'âge.

Et puis, ça n'empêchera pas les lecteurs de me retrouver ailleurs dans plein d'autres endroits où on aura le temps de se causer, sans cette cohue commerciale qui de toute façon, vu le battage, fera le plein...

18 décembre 2012

Mais qui est Eric Arnaud ?

Un petit article parfait pour flatter l'ego.

Sauf que le rédacteur de l'article de l'Union a fait une coquille, semblant avoir du mal avec l'orthographe de mon nom, pourtant très lisible sur la couverture.

Bah, l'essentiel, c'est qu'on en cause, de toute façon....

08 décembre 2012

Primé à Ajaccio pour Poker Face !

Je suis à Ajaccio pour le festival international et ce soir j'ai reçu un prix. C'est une chose qui fait toujours plaisir, évidemment... Et le recevoir en Corse, encore plus. Ma grand-mère était Corse, hein...

Le "prix passion", attribué par la Ville pour "Poker Face". Série arrêtée par l'éditeur, de façon unilatérale. Sans commentaires.

Un prix, c'est bien de l'honneur que vous fait la ville qui vous reçoit et ainsi vous honore. C'est symbolique, bien sûr. Mais que c'est plaisant...

27 novembre 2012

Une page d'essai de plus !

Et ça commence à faire beaucoup.

C'est toujours un gros investissement en temps et réflexion, en dessin, en heures de travail que de dessiner "for free"... Ici, il s'agit d'une histoire qui se passe en 1968 dans les milieux du sport auto, écrite par Laurent-Frédéric Bollée qui se passe à l'autre bout du Monde, au pays des kangourous, sur un circuit mythique...

Pour le moment, le retour éditorial est très en deçà de mes attentes financières et pas qu'un peu...

Alors je remets dans les cartons ?

03 novembre 2012

Points de détails...


Troisième album 2012 après le tome 2 de "Poker Face" en janvier dernier, "l'histoire du Champagne" en juillet, "la Provence" de chez Soleil sort mercredi prochain - 13,95 €...

J'en ai déjà parlé et je viens de recevoir mes exemplaires. Deux. En tout. Franchement c'est un peu juste, mais ça doit être calculé en proportion des pages dans le livre. On en a huit...

Sur le plan impression, c'est très bien, couleurs très respectées techniquement irréprochables. Par contre les marges sont très serrées et les pages tirées trop grandes de un centimètre ne permettent pas de laisser respirer nos dessins "à la coupe" pour des décors où il y avait pourtant de la matière prévue.

Autre truc bien plus irritant, la pagination autre que celle annoncée.

Loin de ce que je souhaitais, à savoir une page d'ouverture toute seule à droite, la une et ensuite trois double pages: 2-3, 4-5 et 6-7, la 8 terminant le tout. Ils ont fait autrement et sur le plan narratif, ce changement est moins bien que prévu par le découpage initial...


 Là, ils nous ont mis la planche 1 à côté de la 2, cassant le suspense et la gamme de couleur prévue des vis à vis. Du coup on a des pages travaillées autrement qui se retrouvent côte à côte, notamment le 3 et la 4 qui ont toutes les deux un dessin à la coupe en haut, ce qui évidemment n'était pas du tout souhaitable...

Rien de dramatique, juste la preuve qu'on ne maitrise pas toute la chaîne.

Par exemple on n'a pas du tout été informés du liant dessiné très "Lanfeust" entre chaque chapitre pour faire la jonction, les histoires s'enchainent du coup sans séparation, ni respiration de pages titres qui auraient sans doute permis une maquette plus aérée.

Mais le lecteur ne perçoit pas ces détails subtils et ne sera pas volé sur la qualité générale. l'album est beau. soigné et agréable. Et la perfection n'est pas simple à atteindre en édition...

05 octobre 2012

Un duel avorté...

Il y a bientôt 5 ans, mes amis du Lombard me demandaient, dans un style "à la Juillard", de réaliser un essai de trois pages sur une série en laquelle ils croyaient.

"Duellistes"...

Je suis honnête, le scénario  dont j'avais quelques pages ne m'avait pas enthousiasmé outre-mesure, mélange un peu inégal à mon sens entre "les 7 vies de l'épervier" et une sauce fantastique incluant morceaux de samouraï et kung-fu, mais c'est du boulot et on ne refuse PAS un projet proposé par un éditeur qui vous fait confiance.

Je m'y suis attelé, dans la direction graphique demandée en me disant que si j'avais le job, on pourrait sans doute retravailler un peu les aspects (des dialogues trop ampoulés, surtout) qui me paraissaient moins évident.

Le Lombard voulait du classique, donc m'en demande et je m’exécute.

Seulement l'essai n'a pas plu du tout au scénariste qui a refusé tout net et du coup j'ai travaillé pour rien.

En fait, il faut reconnaître que l'éditeur a eu l'élégance de me payer fort correctement les trois pages réalisées, ce qui est d'ailleurs rarissime pour des essais et retire la frustration de se voir retoquer un travail. Donc, j'ai digéré cet échec. Ou "erreur de casting", plus prosaïquement.

Je crois qu'ils espéraient (à raison) un truc plus enlevé, plus vivant, moins "ligne claire".

Or c'est ce que je fais et ce qu'ils voulaient que je fasse. Avec le recul (ça date de 2008), je trouve mon travail moyen, mais bon, un essai c'est aussi pour donner une direction et travailler ensuite dans le bon sens, ce ne sont pas vraiment des pages publiables sans revoir le tout et les refaire, ce que j'aurais souhaité...

Bref, quelques années plus tard, l'album sort... Ces jours-ci.

Amusant de comparer les deux premières planches de l'un et l'autre et le résultat effectivement plus pêchu donné par le dessinateur italien, un gars talentueux.

Clairement, c'est bien meilleur que moi, plus moderne dans le découpage et les teintes, avec un beau travail de la couleur de surcroît...

Donc, davantage dans la "demande graphique" actuelle.

Je sais faire, mais ce n'est pas du tout ce qu'on m'avait demandé...

J'attends de voir si le scénario a évolué lui aussi, (j'imagine que oui...) au vu du marché de plus en plus dur sur les séries historiques qui se lancent, difficile de prévoir si l'enthousiasme sera au rendez-vous... On croise les doigts pour eux.

28 février 2012

Un truc qui fait tache...

Il va y avoir un festival de BD en mars à Ozoir la Ferrière, une petite ville à quelques km de chez moi.

Il se trouve que j'avais été contacté par mail il y a deux ans, une responsable du service culturel la Mairie est venue chez moi, on a passé du temps, pour expliquer, établir des protocoles, je lui ai donné des renseignements sur ce qu'il fallait faire et ne pas faire en la matière...

Ça fait plus de vingt-cinq ans que j'en fais. Et j'ai déjà participé au lancement de celui de Chatou il y a quelques années. Bref tout semblait calé, intéressant...

Et puis rien. Plus la moindre nouvelle, pendant... un an. Avant un second mail de la même dame disant que cette fois ils étaient prêts à lancer le truc et espéraient que j'allais collaborer avec eux, comme consultant...

J'étais enthousiaste, avec pas mal d'idées que j'ai aussitôt écrites et envoyées...

j'ai fait trois rendez-vous sur place pour découvrir le lieu, un site classé, monté un budget prévisionnel, fait des propositions d'animation, des propositions artistiques pour l'affiche, le logo, le programme, bref un package complet avec une liste d'auteurs capés et amis qui ne seraient venus essuyer les plâtres d'une première que parce que j'organisais en partie.

Des heures de réflexion pour rien et sans toucher quoi que ce soit...

Car j'ai perdu mon temps et mon énergie avec des gens qui voulaient peut-être faire un festival, mais se tiraient dans les pattes au niveau municipal, souhaitaient surtout que ça ne leur coûte rien, n'avaient soi-disant pas de budget, mais voulaient que je leur amène des auteurs connus, que je leur apporte un sponsor, mais faisaient la fine bouche sur tout et surtout sur mes honoraires, normaux et justifiés par la prestation demandée. Il fallait même que je signe une sorte de contrat léonin, avec remboursement total en cas de désistement d'une seule de mes propositions...

Quand on sait ce que ça coûte, un festival, avec des gens qui ont la volonté de faire les choses bien, ça laisse rêveur... Un événement ambitieux sans s'en donner les moyens ?

Après avoir laissé entendre que c'était bon des semaines durant, black out. La responsable a soudain fait la morte et n'a plus donné le moindre signe de vie depuis juin dernier sans répondre à mes mails et coups de fil interrogatifs, alors même qu'elle m'avait demandé de commencer à trouver des auteurs... La moindre des politesses après être venue me chercher aurait été d'au moins justifier un abandon de notre future collaboration pour ne pas que je passe pour un charlot auprès de gens qu'heureusement, sentant venir le coup fourré, je n'ai PAS contactés...

Et puis je vois récemment qu'ils ont monté le truc pour la fin mars, ce qui est leur droit le plus strict, c'est juste la manière de faire et de de se défiler sans être capable de dire pourquoi qui me gonfle...

J'espère évidemment, au-delà de cette petite mésaventure qui en dit long sur le fonctionnement culturel de certaines municipalités et le peu de cas qu'on fait des artistes que ceux de mes amis qui iront là-bas fin mars, passeront un bon moment, le principal étant en fin de compte de faire connaître la BD au grand public...

08 août 2011

Tête de gondole...

Je crois que c'est une des premières fois que je me retrouve dans un Carrefour, si bien placé. Si j'excepte les Aigles, mon travail le moins personnel, aucune des mes autres séries n'a jamais été mise en avant nulle part dans les hypers et les grandes surfaces dont on sait qu'elles constituent une part importante des ventes. L'avantage d'être dans une maison d'édition bien introduite dans la grande distrib...

À titre de comparatif, la Fnac de Val d'Europe (où j'ai pourtant signé deux fois des albums) l'a rangé direct dans les rayons sans qu'on les voie, une commande de 4, une seule vente réalisée et donc trois retours prévisibles pas dans les nouveautés, sur les linéaires.

Quand on ne voit que la tranche d'un album, c'est rare que l'achat d'impulsion se fasse...

PS: Du coup, mon ami François, du "Furet du Nord" m'envoie une image à son tour pour me prouver que dans le Nord, on n'est pas en reste... Ça donne envie que chacun fasse de même au hasard des promenades... Après tout, on a presque tous un téléphone qui fait des photos, désormais.

Et voilà l'image reçue il y a 5 minutes...

04 juin 2011

Les temps sont durs...

Je dois écrire pour David Morancho, dessinateur de Barcelone avec qui je suis en contact par le net depuis des années sans l'avoir jamais rencontré. David ne parle pas du tout français et moi je ne maîtrise pas l'espagnol, ayant fait allemand première langue. Et anglais ensuite...

Je rédige mes textes et mails en français, j'ai l'impression qu'il y a dans son entourage une personne qui lui traduit tout ce que j'envoie très bien, car il répond avec justesse à toutes mes demandes, questions autant sur le scénario que sur le contrat signé avec Sandawe.

C'est avec lui que j'ai cet excitant projet que les internautes pourront co-financer, et dont le démarrage qui tarde motive notre impatience.On en a sous le coude...

Les dessins qui illustrent ce billet sont de lui, il y a une dizaine d'années.

Bon. Le marché BD a bien changé depuis que lui et moi avons commencé à tenter de travailler ensemble, lui et moi.

Comme je n'étais pas trop mal placé dans diverses maisons d'édition, ayant le contact direct avec les directeurs de collection qui comptent, j'étais - à tort - certain de pouvoir vendre facilement une nouvelle série avec un gars comme lui aux manettes graphiques, vu son talent. Erreur...

Les éditeurs sont désormais très frileux devant l'avalanche de retours des albums qu'ils sortent pourtant sans discontinuer dans leur effrayante course en avant en  parts de marché. Un tas de premiers tomes pourtant réussis et qui jadis auraient fonctionné ne trouvent pas preneurs et les séries sont mortes-nées à peine lancées. Plus de 5000 nouveautés par an, pas assez de public pour absorber la production, un tas de morts qui s'annoncent...

C'est d'autant plus dommageable que le niveau est monté d'un cran sur le plan graphique et que les jeunes dessinateurs de BD, garçons ou filles sont de plus en plus forts quand ils commencent leur carrière, avec des niveaux qualitatifs jamais atteints auparavant.

Je ne désespère pas, il y a des possibilités éditoriales, et je devrais à nouveau tirer mon épingle du jeu avec des albums à venir, si ce n'est un détail essentiel qu'il faut bien aborder:

Les finances...

Car les prix sont à la baisse, les droits d'auteur diminuent et on propose de plus en plus des forfaits très désavantageux aux petits nouveaux pour faire leurs albums. Tout compris, 46 pages couleurs et scénario pour 3000 euros, par exemple. Ou même pour rien !

6 mois de boulot minimum, et l'éditeur qui ne prend plus le moindre risque financier sur la part créative...

Comme ils acceptent ces conditions désastreuses, ça dévalorise tout un pan de la profession avec des auteurs capés qui doivent baisser leurs prix forcément, s'ils veulent continuer à travailler.

27 mai 2011

Traces de pneus sur les pages !

Je n'ai plus guère d'originaux.

Quelques planches, quelques vieilleries dessinées dans les années 80...

Aucune page de Timon par exemple. Ni de Sophaletta. Et puis comme maintenant je dessine chaque case sur des feuilles séparées avant de les remonter sous Photoshop, ce n'est pas prêt de s'arranger.

Mes pages sont virtuelles, ce qui permet de ne rien déchirer, rien perdre ni abimer comme j'ai failli le faire avec des planches originales de "Bout d'Homme" confiées par mon ami Kraehn, avec pour mission de les ramener de Bretagne - où il vit et où j'étais venu passer quelques jours - à la rédaction à Issy.

Pour les protéger, j'avais posé sur la lunette arrière sa dizaine de planches soigneusement encrées en noir et blanc, d'un format demi-raisin (50 cm x 32,5 cm) sur Schoeller Parole 300 gr.

Mais j'avais mal fermé le coffre de ma Golf. Et le hayon s'est ouvert en pleine nuit sur l'autoroute du retour, sous la pluie avec des camions arrivant à fond derrière ! J'ai pilé en panique en comprenant en une fraction de seconde le désastre annoncé, et ouf, rien ne s'est envolé, mais quelques instants de plus et le courant d'air les aurait projetées sur la route...

Je n'ai pas non plus eu la malchance de ce coursier ramenant des mises en couleur sur bleus, documents uniques à jamais perdus après un bête accrochage sur le périphérique parisien et des centaines de voitures roulant dessus, entre la porte de Versailles et la porte de Saint-Cloud...

Bref, désormais au cœur de mon disque dur, on ne peut plus faire de taches d'écoline dessus, mais ça ne se vend pas.

Cette planche du tome 2 de Timon dessinée en 88 se négocie dans les 110 euros.

Ce qui n'est pas une cote énorme, assurément.

21 avril 2011

Que faire de W4 ?

Cas de figure inédit à ce jour, Chrys Millien, le dessinateur-coloriste et moi le scénariste avons récupérés les droits de la série que nous avions lancée chez Soleil en 2001.

Witness 4 - et ses trois tomes - ne figure plus au catalogue de mon éditeur toulonnais depuis le 1er mars 2011. Tristesse, évidemment..

Ce qui ne préfigure pas de faire autre chose avec eux dans un futur proche (j'ai avec la maison dirigée par Mourad d'excellents rapports humains), mais en ce qui concerne cette série particulière, on se sépare bons amis, sur un constat d’échec par accord tacite. C'est moi qui ai demandé à récupérer les droits, puisqu'ils n'exploitaient pas la série et que je l'aime beaucoup. Dommage.

Du coup, nous sommes libres d'en faire ce que nous voulons, à savoir vendre la série ailleurs, à un autre éditeur qui ressortirait les albums avec une nouvelle maquette et un tome 4 à venir, ou alors les faire imprimer nous mêmes et les distribuer. Mais c'est un boulot à part entière et je ne me vois pas partir jouer les VRP en festival tous les WE avec des caisses de mes livres dans la Kangoo...

Un éditeur qui reprendrait la série pour la continuer chez lui a trois albums déjà faits et payés et donc moins de frais que pour lancer une création. Il y a quand même eu 9 000 tomes 1 vendus, les autres suivant en décroissant, donc un lectorat potentiel qui a surtout souffert d'un déficit de visibilité de la série que personne ne connait et qui n'a pas été mise en avant non plus dans Lanfeust, par exemple...

Quand à la réédition par nos propres soins, c'est un truc que je saurais faire, et je sais où réaliser ça ainsi que les données techniques que je maîtrise mais il manque le nerf de la guerre pour ressortir trois albums à mes frais...