01 mai 2008

Fin de semaine animée à Nîmes...

Toujours un bonheur que de me rendre dans le sud de la France pour dédicacer mes petits livres...

... Non pas que je dédaigne les autres régions qui organisent des festivals - notamment dans le Nord - mais il y a pour moi, parisien d'adoption, un récurrent côté"vacances" sitôt que je dépasse les faubourgs de Valence.

Tiens, au fait, tant qu'on est dans "bienvenue chez les ch'tis", plus de déplacement à Roubaix en fin de mois...

C'est dommage, l'endroit semblait plaisant et les contacts au téléphone bien agréables, mais on ne peut pas toujours faire ce qu'on veut. Bref, j'ai annulé !

Revenons à Nîmes. La bonne surprise, quelques semaines avant le festival, c'est de recevoir des billets en première classe TGV, une attention de plus en plus rare. Tout comme constater que l'hôtel choisi pour nous recevoir est un 4 étoiles renommé de la ville retenu les 4 jours durant quasiment rien que pour nous, Auteurs !

L'Imperator, un bel endroit, avec des jardins, une fontaine, une belle salle de resto. Bref, la classe. Sûr, ça change d'un Campanile...

Merci Sylvie et Jean-Michel !

En même temps, les organisateurs de Nîmes ont un vrai budget pour les festivités, et ça se sent aussi. Il n'est pas question ici de blâmer ceux qui ont moins de moyens, mais que c'est agréable, ce standing affiché pour notre bien-être...

D'autant que parfois, il suffirait à ceux qui ont un budget limité d'inviter moins de monde, mais c'est souvent la surenchère. On préfère avoir le plateau le plus imposant possible, au détriment des moyens mis pour l'accueil et le plaisir des Auteurs invités... Classique. Et stupide.

Mais pas le cas ici. Sylvie "la bulle" Moretto que je n'avais pas croisée depuis des années lorqu'elle m'invitait dans sa librairie de la rue des chapeliers - voici... euh, longtemps - fait tout pour ses ouailles et court partout pour que tout le monde soit content !

En arrivant le vendredi soir, un petit tour pour voir où je suis installé selon la pancarte entre Vuillemin et Anne Rouvin, complète inconnue dont le nom ne me dit rien.

J'appréhende un brin, le métier étant dans l'ensemble moins glamour que le cinéma et je suis à deux doigts de demander à changer de place pour me retrouver près d'une connaissance.

Et puis, comme il faut vivre dangereusement je décide au final de n'en rien faire. Et de découvrir ma voisine !

Bien m'en a pris, la délicieuse Anne s'est avérée être une adorable jeune femme sacrément talentueuse et gaie, avec qui la complicité artistique a collé d'emblée dès son arrivée le samedi matin et tout le reste du weekend...

Sacré personnalité, la demoiselle titulaire d'un DESS marketing-communication a laissé de côté une impressionnante carrière toute tracée de directrice de la communication dans un grand groupe pour se lancer bille en tête dans une vie artistique moins facile mais bien plus dans ses aspirations. Chapeau ! "Mais carrément !"...

Le plus drôle est que d'entrée, il me semble l'avoir déjà croisée, mais ce genre d'entrée en matière style "Euh, j'vous ai pas déjà vue quelques part ?" fait tellement drague à deux balles que je m'abstiens tout en me creusant la mémoire pour me rappeler où j'ai bien pu croiser cette demoiselle auparavant. Et surtout sans m'en souvenir, ce qui n'est pas le genre de la maison.

C'est en parlant de sa maison d'édition, Delcourt, que vient la lumière. Bien sûr que j'ai déjà vue Anne. Et interviewée longuement même, au cours de nos sessions annuelles avec la Caisse d'Épargne, à Angoulême. C'est une proche de l'Atelier 510TTC et de l'ami Lerolle qui l'avait proposée à Nathalie Morin, et du coup j'avais déjà eu l'occasion de lui parler il y a deux ans.

Je me confonds en excuses de ne pas m'en souvenir une seconde, tandis qu'elle rigole en me disant à sa décharge (la garce !) qu'elle ne s'en souvient pas "du tout" non plus. La mémoire reviendra...

Les repas sont bien agréables à l'hôtel, le temps est magnifique.

Le lit en 70 cm de large est la seule petite ombre au programme pour qui aime dormir avec ses aises. Pas mal de signatures sur Witness 4 et Sophaletta. Des séries "mortes", si j'en crois les relevés de droits arrivés ce matin à la maison. Mais qui continuent à se vendre gentiment à chaque festival...

Le samedi soir, c'est Soleil qui régale. Mourad et son staff sont descendus pour un dîner-buffet dansant classieux offert par la maison toulonnaise qui vient en voisine du Sud, et compte un paquet d'Auteurs présents sur place.

La fête avec la musique qui dure jusqu'au bout de la nuit. Sans moi, parti me coucher tôt, mais avec mon ordi et quelques DVD.

Ah, j'ai aussi croisé mon ami Tronchet, accompagné de son Antoine de fils, dont la maman s'appelle Anne aussi.

Des gens qui vont prendre une année sabbatique et filer un an vivre... à Quito, en Équateur. Sacrée aventure.

En attendant, Antoine est un gamin mignon comme tout et plutôt roublard. Didier a écrit un livre sur lui, et les difficultés d'être père, c'est un vrai petit bonheur à lire...

Je vous le conseille évidemment.

Le dimanche est plutôt speed, mais je reste de dormir et ne repartirai que le lundi matin de Nîmes, avec le plaisir d'un bon moment passé dans le Sud... Maintenant faut bosser.


Aussi croisé Vicomte, qui va finir Sasmira 2 (...) avec l'aide d'un assistant, Adamov qui comme Laurent vit à Nîmes, Serge Carrère et sa femme aphone (on en a profité) ainsi que l'adorable Pica, Pierre Tranchand, qui est un exemple montrant qu'on peut réussir même quand on ne vous veut plus nulle part, puisque c'est l'auteur des "Profs", chez Bamboo.

Il était tricard partout, personne n'en voulait et on l'avait définitivement rangé parmi les ringards. Aujourd'hui il a vendu en 8 ans environ deux millions et demi d'albums...

À méditer. Même si c'est évidemment l'arbre qui cache la forêt...

08 avril 2008

Festival dans le Sud...

Nîmes, on y est presque. Dans un peu plus de 15 jours, je file au soleil. Enfin s'il y en a devant les Arènes...

Que du beau monde sur l'affiche, un tas de pointures et Tarquin en invité d'honneur. Pas mal de copains aussi.

En espérant qu'il fasse beau, là-bas dans le Midi... Je devrais y être du vendredi après-midi au lundi matin... Si vous passez par là...

12 mars 2008

Lille 2008 au Tri Postal...

Lille 2008 restera un (très) bon souvenir.

... Mouillé !

Ce n'est pas grave, à l’instar de l'incontournable film de Dany Boon, les gens du Nord sont charmants…

Mais tout n’est pas rose pour autant. Intégrée dans un espace consacré à 90% à l’animation, la BD y a fait figure de parent pauvre pendant trois jours, reléguée dans un coin au fond, avec une signalétique nulle et invisible...

Résultat, pas plus de 30 albums sur les deux jours au grand désespoir des amis de la Ruche aux Livres qui me recevaient……

D’autant plus fâcheux qu’une seule entrée ouverte dans ce bâtiment du tri postal - siège de la manifestation - et des heures de queue sous la pluie battante pour pouvoir entrer voir cette très courue fête de l’animation, ont certainement découragé pas mal d’amateurs de nos petits dessins, qui ont rebroussé chemin...

C’était rigolo par contre de croiser tous ces jeunes gens déguisés en lapins, en ordinateur (…) ou en écolières japonaises qui vivent à fond leur passion… C'est rare de voir ça...

J’ai même croisé un Jack Sparrow plus vrai que nature au bras d’une charmante Elizabeth Swan belge…

Belle rencontre (Entre autres… Merci Sophie !) avec l’ami Philippe Zytka, qui a réalisé un formidable documentaire sur les paras anglais du D-Day (le Débarquement) et m’en a offert le DVD.

J’y reviendrai…

Mort d'un héros "ordinaire"...

Hier, j'assiste à la reliure de la réédition de l'album commémoratif 80 ans pour Ponticelli.

Passionnant de voir de voir les feuillets entrer d'un côté, la couverture de l'autre et de choper le bouquin terminé, prêt à la lecture en bout de chaîne...

Gratifiant aussi...
Juste de retour de province avec quelques albums tout chaud sortis de presse et on apprend la disparition du dernier des "Poilus"...

Âgé de 110 ans. Lazare Ponticelli vient de mourir.

video

27 février 2008

Ava tome 2...

Ava, tome 2 sortira en octobre, en même temps que le 1, je vous l'ai déjà dit... Camille devrait attaquer ces jours-ci les couleurs de ce second et ultime tome de la "série".

Je n'ai pas vu les pages au moment de leur réalisation et je découvre certaines incohérences et quelques maladresses un peu agaçantes mais aussi de superbes planches de mon co-auteur...

Soyons clair, ce qui m'ennuie le plus, c'est cette propension à dessiner l'héroïne dans des tenues légères laissant un peu trop systématiquement à mon goût apparaître culotte ou soutien-gorge... Cela ne devrait pas nuire à l'histoire, mais parasite un peu ce que j'avais écrit...

Sacré Alain... On ne le changera pas. Mais j'avais décidé de lui laisser les coudées franches, après l'avoir beaucoup (trop) chapeauté sur les deux Celadon pour Glénat.

Quelques dessins de l'ami Queireix pour vous faire patienter d'ici là.

Pour la page de l'accident, écrite en sachant qu'Alain est assez virtuose pour dessiner les voitures, j'ai pas mal pensé à Maurice Tillieux.

Ce dessinateur belge de Dupuis qui enchantât mes jeunes années prenait un malin plaisir à faire exploser toutes sortes de véhicules à moteur au fil des pages de ses Gil Jourdan.

Une sorte d'hommage, donc...

Dans le tome 4 de Celadon Run, voici quelques années déjà, Alain avait déjà dessiné un crash, écrit selon le même esprit...

Joliment mis en couleurs par la ravissante mais toujours à la bourre Caroline van den Abeele...

26 février 2008

Ballades en France...

C'est reparti pour quelques dates.
On est bien d'accord, c'est juste une remise en jambes. J'ai d'autres demandes qui se profilent à l'horizon, mais je ne veux pas trop en faire avant la sortie des nouveaux albums... Qui aura lieu à partir de septembre...

Pour l'heure, les dédicaces prévues:
(dont deux dans le Nord...)


Lille: 8 - 9 mars 2008
Nîmes: 25 - 27 avril 2008

Roubaix: 24 - 25 mai 2008

25 février 2008

Y'a du tirage à l'Est...

"Je suis content !"... C'est rare.

Pour un graphiste un tant soit peu passionné et impliqué, c'est toujours captivant de pouvoir suivre la filière jusqu'au bout. Quand j'ai débuté, je dessinais mes pages chez moi, puis je les remettais à l'éditeur qui gérait ensuite la réalisation de l'album, sans que je n'intervienne plus. Du tout...

Souvent déçu par la technique dont je ne voyais le résultat qu'une fois l'album en main, (et souvent déjà en librairie, d'ailleurs) j'ai bien demandé à Glénat d'aller assister à l'impression en deux où trois occasions pour un Timon et deux de mes Sophaletta je crois, mais c'était toujours un peu compliqué à organiser, ces choses-là se faisant souvent de nuit, bien loin de ma maison...

Car les gros imprimeurs font les 3/8, les machines tournent 24 heures sur 24 et un livre commencé à l'aube en machine avec un conducteur peut se terminer le soir tard avec un autre qui prend le relais en cours. Tout dépend du nombre d'exemplaires.

De plus, souvent les documents à imprimer étaient de qualité moyenne, et malgré la gentillesse des ouvriers du livre, ravis d'avoir le créateur avec eux pour pouvoir lui faire plaisir et sortir le meilleur boulot possible, il est clair que la plupart du temps il n'y avait pas grand chose à faire pour améliorer montage ou gravure déficiente lors de la fabrication... en amont !

C'est pour ça que je suis ravi d'avoir pu assister vendredi à la réimpression du commémoratif Ponticelli dont j'ai déjà causé ici.

Pour le moment cela ne représente que quelques milliers d'exemplaires du livre déjà édité en juin 2001, mais il est fort possible que nous réalisions un autre album d'ici peu pour eux.

En attendant, je me suis rendu dans l'Est de la France vendredi, pour superviser le travail et l'impression dans la même imprimerie de Bar-le-Duc qu'il y a sept ans.

Là, je jouais sur du velours, j'ai conçu cet album de A à Z et il est clair que du coup j'ai le final cut, pouvant décider des choses plus facilement que si j'intervenais qu'en quatrième épaisseur...

J'ai ainsi signé les bons à tirer à chaque fois très satisfait. Le conducteur travaillant sur la machine pour moi était attentif à ce que je sois vraiment content et du coup je crois pouvoir dire sans me tromper que cette réédition sera plus réussie que l'original...

J'ai pu aller au bout des choses cette fois et m'impliquer de façon moins "virtuelle". En "vrai", les saveurs sont différentes et on profite bien davantage, évidemment... Un peu comme en amour, si j'osais la comparaison hasardeuse.

Non, là c'est sûr: "Je suis content !"...

20 février 2008

Larme de bonheur...

La nouvelle du jour ne fera pas les titres de la presse. Même spécialisée BD. Mais à moi, elle fait très plaisir !

Mon ami Patrick Larme, illustrateur de talent - rencontré il y a plus de douze ans à Bourges lors d'un repas dans ce festival du Berry où il errait comme une âme en peine - va épouser Hélène, le 26 avril prochain...

Larme est un garçon d'une gentillesse confondante et un homme qui gagne à être connu.

Je l'aime beaucoup, humainement parlant. C'est un type qui - comme la plupart d'entre-nous - a traversé des moments "compliqués" ces dernières années et je ne peux que me réjouir pour lui de l'excellente nouvelle en lui souhaitant le meilleur désormais, à lui et sa future femme...

J'ai eu la joie de le faire travailler à Angoulême avec nos amis de la Caisse d'Épargne en plusieurs occasions, et le talent de ce garçon, qui dessinait en direct de ravissantes petites aquarelles au pinceau a pu ainsi se montrer à la vue du plus grand nombre.

Depuis, il est illustrateur, sort des albums de gags et donne des cours de dessins dans sa région de Lyon...

Longue vie et tous mes voeux de bonheur aux futurs mariés.

19 février 2008

Au milieu du gué...

Oh, je ne voudrais pas donner l'impression que je me tourne les pouces. Alors pour alimenter un peu en attendant une fournée de posts et les dates des mes prochaines dédicaces, je vous balance un petit dessin, simple croquis de départ pour une case.

Le moment où le héros voit sa vie basculer, découvrant que Faria a dit vrai et que désormais il est riche à ne plus compter...

C'est pourtant vrai que je suis un peu au creux, ayant dépassé le premier tiers et allant vers la moitié de l'album. Parfois avec le sentiment de ne pas en voir le bout. Encore plusieurs (longues) semaines de boulot. Mais ça avance... J'ai toute une série de pages finalisables sans les couleurs que je traiterai par paquet de 9, une fois une série terminée.

Restera les textes toujours que jusqu'à la dernière minute je pourrai modifier à loisir, du coup...

Pour le moment tout est à l'état de notes, je sais à peu près ce que je raconte dans chaque case, mais je ne m'y mettrai que quand j'aurai dessiné la moitié, en fait la première partie du bouquin...

En fait, j'ai hâte de finir pour passer à autre chose, lancer des projets en ayant le temps suffisant à y consacrer pour que cela devienne indiscutable aux yeux des décideurs potentiels et ne constitue pas juste des essais sans lendemain. Il y a des pistes sérieuses, mais à quoi bon pour le moment ? Je n'ai pas le temps voulu à y passer pour bien faire et de toute façon, Monte-Cristo est prioritaire.

On parle même d'une prépublication éventuelle pour laquelle il me faut m'activer. Une page/jour ? Pas évident. Mais faisable.

L'ami Millien a bien fait les 22 dernières pages de son album pour eux en un mois de temps ! Sur les rotules ensuite, mais ouf ! Et au final, ça ne se voit pas (trop)...

En parallèle, je travaille la nuit (!) à écrire un livre. qui sortirait l'an prochain... Cela me laisse peu de temps pour autre chose.

Je n'ai pas le don d'ubiquité...

08 février 2008

Les 4 lunes ont 30 ans...

Super soirée d'anniversaire hier au soir à l'Observatoire, pour les 30 ans des 4 Lunes.

Plein de monde, endroit magique et belle expo. J'y ai croisé Christian Blondel, un des 4, qui est aussi directeur artistique pour Glénat et avec qui je pourrais travailler à la maquette d'un livre sur la BD auquel je m'attellerais en juillet, à paraître en 2009 pour les 40 ans de la maison d'édition grenobloise.
Ce n'est qu'un projet, dans ce métier, on en fait dix pour en avoir un, c'est bien connu.

Reste que j'aimerais bien le faire, celui-là...

Bref, coquilles St Jacques minute "à la plancha", pigeon aux morilles et macarons, le tout réalisé par un traiteur "classe", ils avaient fait les choses bien.

Agréables rencontres informelles avec des gens du métier, (pub et communication, rien à voir avec la BD) et petit plus, cadeau quand on s'en va récupérer son manteau au vestiaire, l'hôtesse vous remettant un sac contenant le livre regroupant les travaux vus sur les panneaux de l'expo et un T-shirt aux couleurs des Lunes... (XL pour moi, ils n'avaient pas plus grand)

07 février 2008

Découpage du jour...

Un peu de mise en place ?

Ça commence par un petit croquis, pour la répartition de toutes les cases.

Découpant moi-même l'histoire, j'ai toute latitude pour opérer à ma guise et changer la structure jusqu'au dernier moment.

On ouvre cette planche par une vue d'ensemble, un bateau s'éloignant de l'île et venant vers nous avec l'île de Monte-Cristo en fond. Des vagues, des mouettes, classique...

Contrechamp sur la seconde où Dantès, main en visière au dessus des yeux pour se protéger du soleil regarde le navire qui part jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un point sur l'horizon.
Il y aura un insert "plan visage de face" sur cette image à droite, celui que j'avais prévu sur le troisième dessin...

Le reste montre un gros rocher que fait sauter Edmond avec de la poudre noire, dégageant l'entrée de la grotte, réparti en cinq cases... Voici la demi-planche détaillée sur le gabarit définitif.

05 février 2008

Le dernier des "Poilus" !

Le dernier des "Poilus" et unique survivant de la Grande Guerre (celle de 14-18) s'appelle Lazare Ponticelli.

On l'entend parler dans de bouleversants témoignages enregistrés mis en image sur le site de Libé...

La voix usée et un peu éraillée, cet homme de 107 ans raconte avec lucidité et émotion rentrée SA guerre.

Poignant, viscéralement... Un témoignage très fort.

J'ai réalisé pour Ponticelli Frères il y sept ans un petit livre très rare, recherché par les amateurs BD, narrant le destin de trois jeunes Italiens venus en France dans les années 20 chercher du travail, parce qu'ils mouraient de faim dans leur Émilie Romagne natale...

Trois frères partis de rien, à l'origine d'une société de travaux publics aujourd'hui mondialement reconnue dans l'univers du levage et des plate-formes pétrolières, entre autres.

Lazare Ponticelli est l'un des trois...

Livre anniversaire pour les 80 ans de la société, d'un format classique d'album de bandes dessinées, ce beau bouquin cartonné entièrement conçu et réalisé par moi, avec l'apport technique des Color Twins de l'Atelier 510TTC à Reims a été offert gracieusement par Ponticelli à ses clients... De la BD, (12 planches) des textes et des photos puisées dans leurs archives, un tirage unique de 5000 exemplaires, bref un truc rarissime pour les collectionneurs.

Il est possible qu'à l'occasion d'une réédition de ce livre, revue et corrigée, je puisse y ajouter un cahier de huit pages supplémentaires dédié à cet homme exemplaire et modeste, qui a récemment accepté d'avoir des funérailles nationales, pour le symbole et pour honorer ses frères d'armes, alors qu'il s'y était toujours refusé.

La première édition comprend déjà 12 planches écrites et dessinées par moi, (avec mon complice Christian Lerolle aux couleurs) et si c'est possible, j'aimerais en ajouter trois ou quatre nouvelles, avec également des photos et un texte rédactionnel dédié...

C'est dans les tuyaux en ce moment-même. Je vous en reparle sitôt que j'en sais un peu plus.

PS: 14/02: Pour le moment, on réimprime déjà 2000 exemplaires de l'édition déjà réalisée, sans ajouts.

Le temps pressait pour eux, en raison d'un salon professionnel à la mi-mars sur lequel ils devaient en avoir de disponibles...

On verra un peu plus tard s'il y a une version un peu plus nourrie et retravaillée, ce qui serait une bonne chose. "Revue et augmentée" permet de redonner un coup de projecteur à ce travail et à faire un focus sur leur société.

... Et pour moi, c'est un travail très intéressant puisque je gère l'ensemble des opérations de A jusqu'à Z, en chapeautant toutes les étapes de la fabrication, en plus de la part artistique qui m'incombe. Du bonus...

01 février 2008

Peu à peu, Edmond...

Un héros ?

Après Timon et Sophaletta qui me sont très personnels (la seconde surtout), voici un autre visage issu de mes croquis et tracé sur un calque, au feutre...

Un héros, donc !

Un de plus même si celui-là ne vient pas de moi mais de Dumas. Je me contente de lui donner une apparence graphique BD pour que peu à peu il devienne mien. C'est en train de se passer, sous ma plume.

Au fil des pages, je le possède de mieux en mieux...

Edmond Dantès n'est pas encore le prisonnier barbu de la cellule 34, ni le terrible Comte au regard sombre qu'il deviendra plus tard, mais seulement un jeune marin marseillais insouciant d'à peine vingt ans...

31 janvier 2008

Bientôt 40 ans !

Nostalgie, ou juste les années qui passent ? Je ne sais...

Toujours est-il que me reviennent quelques souvenirs, à l'approche des 40 ans de la maison Glénat. J'étais aux 20 ans en 89, et puis aux 30 ans en 99... Et l'an prochain, je compte bien être invité aux quarantième anniversaire de la maison grenobloise...

Qui sait ?

Je racontais ainsi dans l'album commémoratif de 1999 ma première rencontre avec Jacques Glénat, le "boss" qui a édité 25 de mes trente albums quand même...

Évidemment, il y a un lien direct avec le post sur Temps X...

Souvenir télé d'Angoulême 1986...

Il y a un an dans un précédent post, je vous parlais de Temps X, cette émission mythique des frères Bogdanoff, bien avant qu’on ne leur greffe un genou à la place du menton !

Les deux gusses étaient toujours habillés en cosmonautes recouverts de papier alu et présentaient leur émission dans un vaisseau spatial (ah, le joli décor en carton pâte !) en compagnie d'un robot et même de... Franck Dubosc dans un de ses meilleurs rôles... (celui du pilote de la soucoupe volante !)

Les séquences diffusées (des reportages commandés à des boîtes de prod comme celle qui m'avait engagé pour l'occasion) étaient le plus souvent consacrées à un futur imaginaire, aux nouvelles techniques de pointe (à l'époque) et à priori de tout ce qui concernait la science (et la SF) en général.

C'était le bon temps des années 80, où on prévoyait des vacances sur la lune pour l'an 2000, des voitures volantes façon "cinquième élément", mais pas encore le boom des ordinateurs personnels, ni l'internet à l'heure de l'adsl...

Je ne sais toujours pas pourquoi la BD a eu droit de cité dans tout ce fatras, kitchissime quand on revoit une émission de nos jours... (allez donc en voir des extraits, sur ce site)

J'y ai participé - enfin j'ai été le héros d'un court-métrage passé dans l'émission sans rencontrer les fameux jumeaux - narrant la découverte d'Angoulême 1986 par un jeune Auteur en devenir, (moi !) essentiel moment télévisuel de 25 mn qui fut diffusé un samedi après-midi sur TF1 dont je n'ai malheureusement (ou alors acte manqué ?) pas gardé trace.

Mais...

Il se trouve qu'un de mes amis a exhumé récemment d'un carton poussiéreux une vieille VHS de l'affaire et m'en a promis une copie DVD qui devrait bien faire rire mon entourage...

Je vous causerai donc bientôt de cet épique tournage angoumoisin dont je suis la vedette (involontaire) sitôt que j'aurai récupéré le disque. J'y croise Chaillet, Moliterni, Tripp, Cossu, Boucq et quelques autres sommités du métier.

Je dois encore remercier l'adorable Sylvie Brasquet, alors attachée de presse de Glénat (la seule efficace de la maison en ce qui me concerne, toutes celles qui lui ont succédé ayant été transparentes et inexistantes ensuite, pour mon travail en tout cas...) charmante brunette (ensuite devenue madame Cabanes) qui m'avait trouvé cette opportunité d'aller à mon premier Festival en Charente, avec pour rétribuer cette superbe prestation une somme fort coquette à la clé.

Acteur, hein...

Ça vous pose un bonhomme, non ?

Petits bonshommes rigolos...

Assez loin de mon graphisme réaliste, il m’arrive de dessiner de petits personnages, en général pour des firmes voulant humaniser leur société par ce biais…

Une sorte de petite mascotte, qui donne à ceux qui font ce choix une image de bonhomie et de sympathie immédiate.

Parfois accolé à un logo que je réalise aussi, parfois non… (Ma spécialité, c'était la typo)

J’en ai réalisé un, il y a plus de 20 ans pour un club de karting.

Le RKB de Laurent Buffo s’est ainsi offert à bon compte une image de sympathie qui leur faisait bien défaut et ont gardé longtemps ce petit bonhomme casqué, symbole reconnu de la société reproduit des centaines de fois sur toutes leurs pubs et leur communication dans l'ensemble… Quelques corrections et retouches au fil des années comme il se doit pour faire évoluer le "character".

Mais voici deux ans, ils ont viré ce personnage, pourtant dûment identifié et vraie image de marque désormais, redevenant plats et sinistres.

Tout ceci lors d’un changement de logo à présent passe-partout et déjà vu mille fois, mais ayant le mérite de ne rien leur coûter, puisque réalisé par un jeune graphiste encore à l’école tout heureux de se voir ainsi promu, sans se faire payer un centime… Passons.

Pour Daxso, une entreprise de plomberie et de travaux divers, j’ai dessiné un autre petit bonhomme casqué.

Celui-ci est plus récent, trois ou quatre ans, et je ne sais pas si l’entreprise l’a bien utilisé. Ce n’est pas le tout d’avoir créé un symbole:

... encore faut-il mettre le budget nécessaire ensuite pour l’imposer au public, le mettant en place afin qu’il soit visible sur des t-shirts, des factures pro-rata, des camions, des publicités, des sacs, que sais-je encore ? C’est à ce prix que ça marche.

Comme pour Petitdidier, entreprise de transport du Val d’Oise qui m'en a acheté un qu'elle n’a pas hésité à très vite placer absolument partout: camions, bleus de travail, panneaux publicitaires, carte de vœux, pull et t-shirts, serviettes éponge, stylos et balles de golf…

Par ce biais, la société gagne en sympathie ce qu'elle perd en austérité.

Une franchise de lavage de voitures au jet m’a aussi commandé un chameau rouge, petite mascotte connue pour concurrencer un célèbre éléphant bleu...

Mais une fois payé, ils l'ont laissé dans les cartons, comprenant un peu tard qu’il ne suffit pas d’acheter un dessin, et de le payer, mais qu’il convient ensuite de l’exploiter au mieux comme je l’ai dit plus haut.

Pas simple…

29 janvier 2008

Case essentielle...

Une case essentielle. Le message qui déclenche tout...

Car sans cette lettre que le grand-maréchal Bertrand remet à Dantès sur l'île d'Elbe, il n'y a pas d'histoire possible, rien ne se passe, Edmond épouse Mercédes, ils font une flopée de gniards....

... Et le Comte de Monte Cristo n'existe pas !
Ce monsieur Noirtier est homme dangereux. Pour qui joue les facteurs...

24 janvier 2008

Des critiques et des encouragements...

Difficile de se juger soi-même.

... À fortiori quand on travaille à la maison en solitaire et que les dessins s'enchaînent, sans avis extérieur.

Un boulot de solitaire, parfois "pesant".

J'ai récemment envoyé les premières planches à pas mal d'amis personnels et de décideurs de la profession, histoire de leur montrer de quel bois je me chauffe, et surtout de me rappeler à leur bon souvenir.

Internet est ainsi fait qu'on n'a pas toujours de réponse rapide des uns et des autres... Mais quelques mails en retour déjà. Des amis, dont les compliments critiques (toujours justifiées, les critiques,. C'est important et permet d'avancer, pas de se bloquer en boudant...) m'ont quand même conforté dans ma démarche et fait bien plaisir.

Ouf, je vais dans la bonne direction. Merci à Nico Anspach, Olivier TaDuc, Camille Paganotto, Gilles Ratier, Chrys Millien, Gauthier van Meerbeeck et quelques autres personnalités du métier qui m'ont répondu en me souhaitant bonne chance...
Mention spéciale à mon ami Loisel qui s'est fendu depuis sa retraite de Montréal d'un petit mot d'encouragement très sincère et qui m'a bien touché.

... Au coeur ! Le salaud...

Un Festival sans moi !

Angoulême encore... Ça commence ce jeudi. Jusqu'à dimanche.

Promis, on n'en parlera plus après ce billet.

Excellent article du Parisien sur le Festival qui ouvre officiellement en ce moment même. Oui, les copains vont me manquer, surtout ceux sur lesquels on tombe au détour d'un couloir à l'hôtel, d'une travée sous les bulles ou d'une rue de la ville, et qu'on n'avait pas recroisés depuis des années...

Forcément, ça reste l'endroit en Europe où il y a le plus d'Auteurs au mètre carré, un regroupement, une concentration de talents vraiment unique en son genre... Quelques festivals tentent aussi la démesure et voudraient bien concurrencer Angoulême, mais pas mal n'ont fait que se hausser du col en région, avant de s'y casser les dents, comme Grenoble il y a 20 ans, ou même Paris, je crois, ces temps-ci... Bref.

C'est un fait, Angoulême est (malheureusement) incontournable... Je n'ai pas dit "irremplaçable", mais c'est le serpent de mer. Le Mercure va bruisser de rumeurs, de "c'est la dernière fois"... Et tout ce petit monde sera de retour dans 12 mois.

"Entre les dédicaces, les expositions et... les surprises, la 35 e édition, qui s'ouvre aujourd'hui, s'annonce aussi riche et animée que les précédentes. Bien qu'un peu à l'étroit, la manifestation attend plus de 200 000 visiteurs en quatre jours. (...)

Les gros éditeurs du secteur, eux, rouspètent contre les choix de la sélection officielle, toujours loin des sentiers vendeurs. Quant aux "petites" maisons d'édition - telle Cornelius, prix du meilleur album l'an dernier avec le Japonais Shigeru Mizuki - elles sont ravies de pouvoir faire la nique une fois l'an à leurs grands rivaux.

La 35 e édition, qui se déroule jusqu'à dimanche sous l'oeil bienveillant de son président argentin José Muñoz, n'échappe pas à la règle.
C'est que le Festival international de la bande dessinée (FIBD) joue sur du velours. Avec 200 000 visiteurs en moyenne au compteur et la Fnac comme nouveau sponsor - le précédent, Michel-Edouard Leclerc, a été éjecté sans ménagement -, l'organisation voit l'avenir en rose. (...)

Et à ceux qui jugeraient ce festival trop radical, Benoit Mouchard oppose ses expositions grand public, son ouverture manga, ses ateliers... "Ici, on ne pense à représenter ni la BD qui marche, ni la BD élitiste, mais toutes les sortes de bande dessinée. Après, la sélection officielle, c'est autre chose. Qu'il y ait une exigence, oui... Mais c'est peut-être ce qu'on reproche au Festival de Cannes, et quand on regarde le palmarès de Cannes, il tient la route. Je pense que celui d'Angoulême aussi..."

Évidemment, les éditeurs les plus puissants s'étranglent. "Cette année, on a atteint la limite du ridicule", tempête Claude de Saint-Vincent, patron de Média Participations, propriétaire de Dargaud, Dupuis, le Lombard et Kana. "Il y a cinquante albums dans la sélection officielle et ils ne reflètent ni la production ni le goût des lecteurs. C'est un festival schizophrène : il demande aux éditeurs de faire venir leurs auteurs, mais l'image qu'il en donne à travers sa sélection est totalement inverse."

Mêmes grincements chez Jacques Glénat, PDG de Glénat et Vents d'Ouest, deuxième poids lourd du secteur, qui pointe aussi les capacités d'accueil.

"On y va par habitude, et ça fait trente-quatre ans. Mais cette ville n'est plus adaptée à la taille du salon. On rêve d'un endroit où il y a des hôtels, des restaurants, l'avion..."


En Charente, on va donc beaucoup parler BD pendant quatre jours. Loin, sans doute, des préoccupations du public de ce salon unique au monde. Car Angoulême, aux yeux du lecteur, reste le paradis du neuvième art, l'occasion unique de courir les dédicaces de ses auteurs préférés et de flâner entre les expositions. Pour le cru 2008, il n'a que l'embarras du choix : 72 rencontres, 55 projections, 7 spectacles inédits, avec des passerelles entre les arts..."


Voilà, tout est dit. De toute façon, c'est une vitrine unique, le seul moment de l'année où les médias s'intéressent à mon métier. Quoi qu'on en pense, c'est compliqué d'y échapper quand on doit faire parler de soi, d'un titre phare, ou d'un coup éditorial.

Maintenant, pour les Auteurs lambdas qui forment quand même le gros des troupes et sont amenés en troupeau par les éditeurs pour signer à la chaîne sans relever la tête, je maintiens que c'est une plaie.

Et qu'il y a plus sympa ailleurs.

21 janvier 2008

De la nostalgie quand même. Mais pas trop !

Angoulême commence dans quelques heures pour les protagonistes du Festival et à l’heure qu’il est, les monteurs de stands s’affairent sous les chapiteaux en chantier.

Fébrilité, panique, agacement, tous ces trucs indispensables qui manquent, pas de ligne de téléphone sur le stand et impossible de joindre ce foutu opérateur supposé être là mais déjà reparti à l’autre bout de la ville… On s’arrache les cheveux et l’angoisse monte, quand on découvre que le courant ne passe pas, que de toute façon les électriciens sont partis on ne sait où, que le matériel prévu en réunion n’est pas dans les cartons au moment du déballage. Le tout sous la pluie, voire la neige.

Et ce chauffage qui attend encore pour être mis en marche un technicien forcément évaporé on ne sait où, tandis que les pauvres hôtesses frigorifiées - mais contraintes de rester pour surveiller ce qui sera leur espace de travail du jeudi au dimanche soir - claquent des dents, emmitouflées sous leurs manteaux, écharpes autour d’un nez qui commence déjà à couler et augure d’une crève d’enfer qui leur durera toute la semaine…

Bref, panique habituelle d’avant salon, comme dans toutes les manifestations de ce genre. Et comme à chaque fois, tout sera prêt à temps.

Vous le savez déjà, je vais échapper à cette agitation.... Alors du coup, un peu de nostalgie, forcément

Car pour la première fois depuis janvier 2000, je ne me baladerai pas dans les couloirs du Mercure au milieu des copains, et je ne ferai pas d’animations BD sous la tente de l’Espace Caisse d’Épargne, place du Palet en 2008, je crois.

D’ailleurs tout ça, c’est fini, on n’y verra sans doute que les planches des lauréats du concours, et rien d’autre, plus la moindre session de dessin en live et d’interviews à bâtons rompus avec des auteurs venus parler de leur travail devant le public, qui avaient tant de succès et étaient pour moi un peu la raison d’être du truc…

Forcément dommage, mais c’est comme ça. Choix stratégique d'entreprise qui ne m’appartient pas. Au départ, je ne pensais pas le faire plus d’une fois, ça a duré huit années ! Même si je doute fort qu’on m’y reverra sous les couleurs rouges et blanches de l’Écureuil, rien ne dit qu’il n’y aura pas une suite avec eux en 2009 ou les années suivantes.