08 mai 2012

Humeur et previews...

En ce moment, la BD tourne curieusement.

Près de 100 albums par semaine dans les librairies, donc des retours en pagaille, des ventes qui s'écroulent, des séries qui s'arrêtent à peine créées, de bons titres que personne ne voit en rayon, des éditeurs qui ne veulent plus prendre de risques mais sortent des milliers d'albums "invendables", des blogs dans lesquels le moindre débutant se bombarde auteur, malgré une qualité de dessin de plus en plus pauvre qui paume le grand public, lequel imagine à force de voir des trucs informes publiés que c'est facile de gribouiller, des dizaines de copains doués au chômage faute de séries en cours et de plus en plus d'Auteurs qui s'auto-éditent, gagnant mieux ainsi leur vie, même si c'est du coup bien compliqué à gérer sortie de livres et réalisation des-dits bouquins en parallèle...

Surnager du coup est compliqué.

On réalise alors des bouquins institutionnels, des livres de "niche", des trucs dédiés concernant des sujets pointus très particuliers. En préparant des projets en parallèle.

Des choses qui pourraient se faire. Mais quand ?

Alors, en fonction de ce qu'on me propose, je travaille un peu en mercenaire en attendant THE projet.



19 commentaires:

  1. des éditeurs qui ne veulent plus prendre de risques mais sortent des milliers d'albums "invendables"

    Là, il y a un problème dans votre phrase car elle se contredit en totalité ? On dirait que les éditeurs sortent volontairement ces canards boiteux qui seront parmi les retours plus vite que leur ombre ! J'avoue avoir du mal à comprendre la stratégie utilisée par le monde de l'édition, on dirait une sorte d'hara kiri, mais volontaire ou pas ????
    Pire on m'a cité un éditeur Belge, au catalogue guère épais et peu renommé de blagues coquines, qui a réussi à sabrer/flinguer volontairement sa seule série vendeuse. Ca rejoint votre phrase du haut, mais qu'arrive t il au milieu de l'édition, ils se droguent ou quoi ?

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  2. C'est parce que les dir. de collec sont franc perdus qu'il y a ces invendables par tonnes, la surproduction aide pas, et tout ça part dans le mur !!! n'importe quel blogger avec 30 visiteurs se prend pour le roi du monde, et trouve son publieur, ça aide pas non plus :s

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  3. Le Hénanff15/5/12 11:22

    Bonjour Eric,tu résume parfaitement la situation!!

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  4. Cela dit, vous faites parti des auteurs sans aucune originalité graphique que je fuis. On est loin de Crumb, Burns, Weissman, Blotch, Mizuki, Clowes, Debeurme, Daly, Woodring, Ayroles... Le dessin est banal, désespérément mort. Pareille pour le découpage. Pareille pour l'humour. Pas de délire, pas de vie, une vision de la BD rabâchée en mille miliards d'album plus médiocres les uns que les autres.

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  5. Cela dit, c'est votre point de vue. je n'ai d'ailleurs jamais prétendu être un novateur. Juste un gars qui a vendu 500 000 bouquins qui n'ont pas tous été acheté par des gens incapables de jugement.

    Mais je comprends ce que vous voulez dire par là...

    ...Il y a de la place pour des séries plus classiques, et tous les lecteurs ne partagent pas ce point de vue élitiste que vous avez parfaitement le droit d'avoir. Le délire ne fait pas partie de mon cahier des charges. en choisissant de dessiner en réaliste, il y a des passages obligés, et évidemment on est loin de Crumb...

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  6. Beaucoup d'auteurs réalistes ont certainement plus d'originalité que vous sans pour autant être "élitistes" comme vous le dites : regardez Hermann, Pratt, Gillon, Bourgeon, Vance, Giraud, etc. pour rester dans les classiques... Et ils ont vendu bien davantage que 500 000 bouquins. Donc votre argument ne tient pas. Vous êtes un honnête artisan, parfaitement lisse et passe-partout. C'est déjà méritoire mais vous ne sortirez jamais du lot par manque de caractère dans votre dessin tout simplement. Et par pitié, pourquoi n'abandonnez-vous pas ce coloriage "roman-photo" désespérant?
    Ceci n'est qu'une critique sans acrimonie aucune, prenez là comme telle.

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  7. Sans acrimonie aucune, je l'entend. Vous n'aimez pas ce que je fais, c'est bien votre droit. pour autant n'imaginez pas que vous soyez majoritaire non plus, il y a de la place pour le lisse. Comme pour tout le reste.

    Question d'époque. La BD traverse des temps difficiles, mais les jugements qui m'importent le plus après ceux des lecteurs sont ceux des décideurs. Et là, ma côte est encore plutôt bonne. Le souci majeur ne vient d'ailleurs pas de là, mais d'un lectorat qui se délite, en peau de chagrin et qui n'a plus les moyens d’absorber ce qui sort depuis belle lurette.

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  8. De ce point de vue, vous avez entièrement raison, même les auteurs à forte identité graphique (je ne parle pas de scénarii, car tous ne sont pas bons) ont de plus en plus de difficultés à sortir eux-même du lot, tant la production est pléthorique.
    Excusez par ailleurs mes propos peut-être trop violents ou vexatoires, car ce n'était pas mon intention. Je suis persuadé que vous pourriez davantage personnaliser votre travail en faisant d'autres choix au niveau de l'encrage ou de la mise en couleur, mais - vous l'avez dit - cela doit aussi correspondre au choix de l'éditeur.
    De toutes façons, bon courage dans votre travail, vous ne déméritez aucunement!

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  9. Patrick, je ne prends pas votre avis pour une agression, d'autant qu'il rejoint peu ou prou ce que JE pense dans mon for intérieur.

    Après, c'est question d'opportunités, d'aiguillage et de rapports avec l'éditeur qui vous confie tel ou tel projet. Qui vous permet de rebondir.

    Quand je fais de la BD institutionnelle, mon style clair et précis plait, quand je suis Auteur, je sais probablement manquer de personnalité et posséder un dessin caméléon qui peut passer pour inintéressant. Les gens que vous citez sont des auteurs admirables et j'ai toujours eu conscience d'être davantage un faiseur, un suiveur qu'un gars qui lance le mouvement.

    Ce n'est pas non plus rédhibitoire ni sanctionnable. Je sais très bien que si on me confie un projet sensationnel, je me dépouillerai davantage que pour une série où on me demande de la ligne claire classique, qui est plutôt ma marque de fabrique. Pour autant, techniquement, je sais tout faire, et pourrais étonner... Tout, ou presque, car je n'arrive pas à déstructurer mon dessin ni à le déparer d'un académisme qui est ma formation.

    Je fais les BD que j'aimais enfant... Je crois.

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  10. Isab'L17/5/12 12:28

    Je fais partie de ceux qui apprécient. Et du coup, je trouve fort déplaisant de voir débarquer un médium avec sa boule de cristal pour prédire un avenir... inexistant ("vous ne sortirez jamais du lot")! Surtout quand on sait à quel point la "reconnaissance" peut être un concours de circonstances ( connaître les bonnes personnes, se trouver là au bon moment...). Combien d'artistes talentueux restent dans l'ombre, et combien de médiocres ont pu se faire un nom grâce à leurs connaissances, ou parce qu'ils savent se vendre, acceptent certaines concessions....
    Quelle suffisance de venir asséner son avis un peu comme une vérité universelle basée sur un savoir indiscutable ! Et quelle condescendance que ce "vous ne déméritez aucunement" en guise de conclusion, comme on jetterait un nonosse au brave toutou qui a bien voulu écouter sans mordre !!
    Pas certaine que des remarques qui reviennent en fait à demander à l'artiste de changer de style, devenir un autre, puissent s'avérer constructives.  L'évolution du style d'un artiste répond sans doute à quelque chose de bien plus complexe et intrinsèque que des commentaires déposés sur un blog.

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  11. La seule chose que je pourrais trouver déplaisante réside dans l'anonymat des commentaires. C'est le souci avec internet, évidemment...

    Je viens ici forcément en mon nom propre et je suis une vraie personne que d'ailleurs on peut facilement croiser lors des festivals, toujours avec plaisir et intérêt pour moi. Je n'ai pas créé ce blog pour être encensé par des thuriféraires mais pas non plus pour me faire agonir par des inconnus complets.

    C'est tout le souci d'internet. le moindre pékin peut venir vous chier dessus tranquillement sans risques et sous couvert d'un pseudo qui planque son identité.

    Patrick en l'occurrence argumente et quand je relis, je n'y vois pas autre chose que l'expression de son ressenti. Qu'il est libre d'avoir et que comme je l'ai dit, je partage en partie. j'ai le droit d'être sévère sur moi-même et je ne suis pas ici pour parler d'une quelconque injustice.

    Dans la vie, il y a des choix, des aiguillages, je n'ai pas toujours fait les bons choix, comme de refuser de faire un Décalogue par exemple alors que mon directeur de collection me l'avait proposé.

    J'eusse pu rebondir plus facilement sans doute, vers d'autres horizons. Y compris que les droits d'auteur sur un tel succès peuvent permettre à un auteur de prendre son temps.

    Il y a des gars qui mettent trois mois pour faire un album, d'autres qui peaufinent durant des années... C'est aussi une part de la différence.

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  12. Isab'L17/5/12 14:40

    Je pense que la flatterie n'apporte rien si ce n'est au flatteur qui vit, on le sait bien, au dépend de celui qui l'écoute. Mais je ne crois pas non plus aux vertus du travail de démolition, aussi argumenté puisse-t-il être. La confiance en soi en prend toujours un coup, quoiqu'on veuille s'en défendre. Je reste persuadée que, hormis quelques personnalités extrêmement fortes, pour s'autoriser à se lâcher et se dévoiler pleinement, l'artiste à besoin de sentir qu'il y a en qui croient en lui. Forcément, certains n'aimeront pas son œuvre, l'appréciation artistique fait intervenir des éléments très subjectifs. Mais qu'apportent les témoignages négatifs en matière d'art ? On aime ou on n'aime pas. Si on aime, on savoure, sinon, on passe son chemin... 
    La question que je me pose, par contre, concerne l'intérêt éventuel de botter les fesses d'une créativité nonchalante. Aucun sans doute ?...

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  13. toujours la même17/5/12 15:02

    Ahemmm...AUX DÉPENS, pardon...

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  14. Probablement efficace, en cas de réelle nonchalance. il m'arrive d'avoir besoin d'être boosté. Et puis si je suis enthousiaste sur un projet, de ne plus penser qu'à ça en m'y jetant corps et âme. Reste que pour l'instant il me faut bosser le nez dans le guidon, en terminant un album sur lequel il y a eu tant et tan de retouches que je n'en vois plus le bout...

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  15. Chère Isab’L, permettez moi de réagir à vos propos, en toute civilité.

    Je peux comprendre que mes commentaires puissent vous avoir choquée. Ce n’était pas mon intention, ni – encore moins – d’être désobligeant à l’égard d’Erik. J’ai simplement voulu émettre un point de vue, de manière peut-être maladroite je veux bien le reconnaître, sur le travail d’un auteur que j’apprécie et dont je suis l’évolution. C’est – me semble-t-il – l’objet de ce blog que de permettre un échange entre l’auteur et des personnes extérieures, sinon autant faire un journal intime…

    Je ne pensais pas que l’expression « sortir du lot » avait quelque chose de désobligeant en soi, elle traduit simplement pour moi un constat : dans la production actuelle, qui peut nier que seuls quelques albums ont une réelle visibilité ? Cela ne signifie pas pour autant que tout le reste soit à jeter, mais que la bataille pour la survie est âpre. C’est pourquoi je suggérais que, s’il tentait d’affirmer davantage un style plus personnel et créatif, armé de son savoir-faire technique bien établi, Erik aurait à mon sens tout à gagner en notoriété et satisfaction personnelle. Je ne conseille pas à Erik de changer de style, de devenir un autre, mais bien d’être Erik Arnoux au plus profond de lui, de faire sa mue « autoristique » en quelque sorte. Je suis persuadé que le potentiel est là, mais je comprends aussi que c’est plus simple à dire qu’à faire, qu’il faut trouver l’éditeur prêt à relever le défi et qu’en attendant, il faut bien bouffer. Peut-être est-ce « condescendant » de ma part de soumettre cette vue d’esprit ? J’en suis désolé. Ce n’est en tout cas pas dans un esprit de « démolition » comme Isab’L semble l’avoir entendu. Mais il est vrai qu’un commentaire, souvent court, ne permet pas toujours en quelques mots de dévoiler le sentiment profond de son rédacteur.

    Permettez-moi donc, cher Erik, de vous redire que mes remarques ne sont faites que pour vous apporter un regard certes partisan et forcément individuel et qu’elles ne sont en aucun cas une quelconque sentence venue d’un « médium avec sa boule de cristal ». Comprenez, chère Isab’L, que je ne me reconnaisse pas dans l’analyse que vous faites de mes propos.

    Pour résumer, le dicton bien connu : « Qui aime bien châtie bien »

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  16. Isab'L18/5/12 15:40

    Eh bien, Patrick, merci pour ces précisions qui apportent un tout autre éclairage à vos précendants commentaires dont le ton arrogant laissait difficilement imaginer qu'ils émanaient de quelqu'un qui apprécie l'auteur.
    L'expression "sortir du lot" n'a, en effet, rien de désobligeant. En revanche, l'affirmation "vous ne sortirez jamais du lot" me semble inacceptable. Et qualifier un artiste d' "honnête artisan parfaitement lisse et passe-partout" qui "ne démérite aucunement" me parait on ne peut plus condescendant. Quant à votre "par pitié, pourquoi n'abandonnez-vous pas ce coloriage "roman-photo" désespérant?", je trouve qu'il s'agit d'un façon assez particulière de suggèrer à l'auteur de "faire sa mue".
    Je peux comprendre que tout cela n'était que maladresse dans votre façon de formuler les choses. Cependant, et même si ce blog a pour vocation un échange avec l'auteur, je crois qu'il y a des remarques que l'on peut se permettre de faire en public (le blog peut être lu par tout le monde), et d'autres qu'il est préférable d'exprimer en tête-à-tête. Or, justement, en haut à droite, l'auteur offre la possibilité d'un échange par mail.

    Je termine en précisant que c'est là mon ressenti tout ce qu'il y a de plus personnel et qu'il n'engage en aucun cas Erik Arnoux.

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  17. Il est triste de voir à quel point le beau dessin dit "technique" et la BD réaliste peuvent commencer à être déconsidérés par les média, les journaleux et certains bobos parisiens. Il ne faut jamais oublier que les Giraud Hermann et consorts sont devenus célèbres car il n'y avait pas en leur temps de surproduction. Un album pouvait rester en facing toute l'année. Moebius a très bien gagné sa vie et s'est fait connaître d'un large public parce qu'il signait Blueberry une série au style très très classique sous le pseudo de Gir. On ne loue d'ailleurs le dessin réaliste d'un auteur que lorsque celui-ci vend beaucoup comme Francq ou Vance alors que leur dessin n'ont pas forcément une très forte personnalité... Lorsqu'un auteur vend il devient bizarrement génial même s'il a soi-disant un dessin froid et lisse voire "académique"...
    On sait que le dessin "lâché" est à la mode en ce moment et qu'il est en passe de devenir "mainstream" (voir les top 15 actuels) tellement il peut bénéficier de tous les relais médiatiques avec des gens qui n'ont jamais vraiment lu de BD. Il est dommage ainsi de casser ses jouets d'enfants et de cracher sur ce que l'on encensait autrefois à l'époque Pilote ou Métal hurlant, une époque qui savait apprécier "le beau dessin".
    Une nouvelle époque s'ouvre un peu comme dans la peinture avec une destructuration des formes et un rejet du classicisme avoué, une époque qui va malheureusement devenir difficile pour les auteurs réalistes et je le déplore...

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  18. Madame, messieurs, merci en tout cas pour la pertinence et la qualité de vos commentaires que je lis depuis ma chambre d'hôtel avant d'aller dîner en compagnie des auteurs de Roubaix... J'y reviendrai.

    La BD subit une mutation qui n'est simple pour personne et j'ai forcément un avis sur vos posts, en vous remerciant e contribuer au dialogue en toute sérénité.

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  19. Je suis tout à fait d’accord. Voilà d’ailleurs comment je vois cette mutation :

    Première phase: développement d’une BD de genre à forte technicité de dessin. On pourrait d’ailleurs y trouver à la fois des dessinateurs réalistes à forte personnalité comme Bilal ou d’autres plus impersonnels comme Vance... Le succès n’est du coup pas directement imputable à cette supposée personnalité mais à l’alliance d’un dessin “agréable” techniquement avec un scénario béton gage d’un succès plus crédible. Comme en outre à cette époque bénie il y a peu d’albums sur le marché, des dessinateurs très habiles sur le plan technique et au style souvent académique vont arriver à se créer une forte notoriété qui les aidera encore maintenant alors que nous connaissons une bien dangereuse surproduction car le lecteur est un grand nostalgique.
    Deuxième phase : arrive une nouvelle vague avec la BD dite alternative (ou underground) au dessin beaucoup plus destructuré et forcément jugé plus personnel. Les media s’en mêlent et ne jurent plus que par cette sorte de BD. Il n’y a qu’à voir pour s’en convaincre l’évolution des prix d’Angoulême et du prix des libraires sur plusieurs années. Un “Réseau Bombyce” ne pourrait plus avoir le prix des lbraires. Il serait jugé trop technique et trop “bien dessiné”.
    Dans les années 90-début 2000 l’avantage reste néanmoins à la BD de genre au niveau des ventes. Mais à part quelques rares exceptions, seules restent véritablement rentables les séries réalistes classiques très implantées depuis plusieurs années et il devient dès lors extrêmement hasardeux de lancer avec succès une nouvelle série réaliste. A ce propos, on remarquera la présence de Bd comme Blake et Mortimer dans Télérama car c’est une BD classique à très fort tirage (eh oui...une BD réaliste classique à moyen tirage serait forcément malvenue) et la présence de BD type Crumb, Blain ou Sfar parce que çà, c’est expressif et personnel et bien sûr parfaitement dans l’orthodoxie du journal...
    Dernière phase : la bd classique se voit grignoter ses parts de marché par la BD dite destructurée car le travail des media depuis quelques années vient d’offrir à la BD alternative récupérée par les gros éditeurs, un nouveau lectorat de plus en plus large. Du coup la BD de genre souffre considérablement ces derniers temps, attaquée sur plusieurs fronts par des concurrents très sérieux: le manga et le jeu video qui l’amputent chaque jour de son jeune lectorat sans compter les qualités croissantes d’imagerie du cinéma américain avec lequel la création d’univers sur papier ne peut plus autant rivaliser.
    On est ainsi passé de Bilal et Giraud (années 70) comme icônes à Juillard et Bourgeon (années 80) puis à Larcenet (notre époque). Exit le dessin chiadé... On est passé d’une sorte d’artisanat d’orfèvrerie de haute voltige à une sorte d’art galvaudé un peu surfait...Tout comme l’expérience de Duchamp au début du 20 ème siècle a sonné le glas du beau dessin dans le domaine des Beaux-Arts, le style “Reiser” des blogueurs semble condamner une partie de la BD à une lente asphyxie...Triste époque...

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